LE CYBERCARNET D'ANDRÉ



Publié le lundi 28 janvier 2008


Lundi 28 janvier 2008

L’URGENCE DE RÉFORMER L’ÉGLISE CATHOLIQUE

 

Par André Delage

 

 

L’Église catholique doit s’adapter aux réalités du 21e siècle. Pour y arriver, elle doit appliquer des réformes importantes qui répondent mieux aux besoins des personnes. La fermeture et la vente de dizaines d’églises depuis quelques années au Québec démontre clairement le peu d’intérêt que peut avoir la jeunesse et les baby-boomers envers la pratique religieuse. S’il y a moins de fidèles dans les églises du Québec et presqu’aucun renouvellement des prêtres dans les diocèses (un bon pourcentage de ceux-ci est très âgé et est proche de la retraite), c’est qu’il existe un véritable problème de communication et de perception au sein de la population.

 

Tous les spécialistes s’entendent pour dire que les importantes réformes nécessaires dans l’Église catholique ne pourront être faites sous l’autorité du pape actuel, Benoît XV1. Celui-ci contrairement au pape Jean XX111 ne mettra jamais en application quelque changement que ce soit. Comme ancien directeur du Service pour la protection de la doctrine catholique dans le gouvernement de l’Église, Benoît XV1 est considéré par tous les observateurs au Vatican comme un traditionnel ultra-conservateur. Plus précisément, Benoît XV1 est un pape de transition, sans plus. Il n’initiera aucun changement important.

 

Les réformes souhaitables

 

Au chapitre de ces réformes urgentes et nécessaires que Benoît XV1 ignore volontairement, il y a les suivantes :

 

- Permettre le mariage des prêtres catholiques actuels et pour ceux qui veulent le devenir;

 

- Permettre l’ordination des femmes. Actuellement beaucoup de femmes intéressées à devenir prêtres dans l’Église catholique ne le peuvent pas, parce que Benoît XV1 ne croit pas à l’égalité des hommes et des femmes dans le sacerdoce;

 

- Permettre aux diacres et aux animateurs de pastorale hommes et femmes des paroisses, d’avoir les mêmes pouvoirs que les prêtres; et ce, après que ces personnes auront suivies une formation adéquate pour dire la messe, entendre les confessions, baptiser, confirmer, etc. Ces façons de procéder sont répétitives et semblables au sein de l’Église catholique. Un comité de sélection devrait au préalable examiner chacune des candidatures pour éliminer les homosexuels, les pédophiles et toute personne ayant un dossier judiciaire. La formation universitaire actuelle exigée des futurs candidats à la prêtrise est trop longue, inutile et décourage plusieurs aspirants. Actuellement, des animatrices de pastorale prononcent des homélies aussi valables que bien des prêtres. Mais, elles n’ont pas les mêmes pouvoirs que ces derniers.

 

- Permettre l’avortement dans certains cas spécifiques comme les agressions, les viols et les situations où il y a un danger pour les mères porteuses;

 

- Favoriser l’utilisation du préservatif dans les pays où il y a propagation, voire une épidémie de sida comme sur le continent africain. Continuer comme Benoît XV1 à promulguer que l’abstinence va résoudre tous les problèmes du sida, c’est faire preuve d’une grande irresponsabilité face aux réalités vécues dans plusieurs pays, surtout quand on n’est pas directeur d’un programme d’hygiène publique et qu'on est à 100 000 lieux de ces préoccupations bien terre à terre.

 

Par ailleurs, lorsque le cardinal archevêque du diocèse de Québec, Mgr Marc Ouellet, organise un synode diocésain et qu’il cherche uniquement des nouvelles méthodes pour évangéliser les gens (comme dans le temps des premiers missionnaires en Amérique du Nord qui prêchaient l’évangile aux Amérindiens dans le but de les convertir au christianisme), il fait fausse route. On peut d’ailleurs s’interroger sur le choix de la démarche qu’il a adoptée. Au lieu d’organiser un sondage dans toutes les paroisses de la région de Québec pour connaître l’opinion des gens sur les réformes souhaitées dans l’Église catholique et de les soumettre à son grand ami et patron, Benoît XV1, Mgr Ouellet a plutôt décidé d’organiser un synode bien encadré pour éviter tout débat sur les véritables problèmes que vit aujourd'hui l'Église catholique.

 

Des églises régionales

 

Nul besoin d’être un prophète dans son pays pour affirmer que d’ici quelques années, il y aura dans la région de Québec et ailleurs dans la province, des églises non plus paroissiales mais plutôt régionales. Mgr Ouellet par son attitude traditionnelle, intransigeante et ultra-conservatrice est condamné à gérer la décroissance des églises du diocèse de Québec. Tout comme les évêques dans les autres diocèses qui sont maintenant obligés de faire venir notamment d’Amérique du Sud, des jeunes prêtres en renfort pour s’occuper des paroisses québécoises qui n’ont plus de pasteurs. Quand tous les fidèles à têtes grises auront disparus dans les églises catholiques au Québec, on devra inévitablement les démolir ou leur trouver une nouvelle vocation, faute d’avoir été à l’écoute des préoccupations réelles de la population.